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Description du blog :
La Terre, le Monde, tels qu'ils sont actuellement. Laissez vos avis dans les commentaires.
Catégorie :
Blog Actualité
Date de création :
11.03.2006
Dernière mise à jour :
12.03.2006
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Loi world

Posté le 12.03.2006 par world
[b] Bienvenue à tous.
Seules règles pour laisser des commentaires et pour vous aventurer plus loin dans les pages de ce blog, vous devez :
-ne pas vous moquer des réactions des autres (si c'est personnel, c'est personnel : en vous moquant vous ne ferez pas changer cette personne d'avis)
-comprendre que nous ne voulons pas vous juger, donc un commentaire ne peut être que la bienvenue même si vos propos ne sont pas acceptés par d'autres visiteurs
-ne pas être raciste, ne pas rejeter les gens qui s'expliquent
-je ne souhaite pas faire ce site pour qu'il soit bourré de commentaires genre "c'est quoi ton adresse msn ?" "comment tu t'appelles ?"etc... Donc vous respectez, mon pseudo est "world" et je pense que ça vous suffit largement pour épanouir vos idées et les "exposer"
-si vous avez des idées d'articles (ça ne doit parler que des choses qui se passent actuellement, si vous avez des exemples dites les ça peut mieux faire s'imaginer la situation aux autres)
-je ne pourrais pas supporter des commentaires méchants, moqueurs. Alors vous gardez vos appréciations débiles (désolée pour l'expression) dans un tout petit coin de votre esprit. Vous n'aimez pas ce site ? Vous n'avez qu'à cliquer sur la croix présente tout en haut à droite de votre écran. Est-ce que c'est clair ? Merci.

Je vais faire genre les inscriptions pour faire un blog :
J'ACCEPTE LES CONDITIONS - JE REFUSE LES CONDITIONS

Vous refusez ? Alors byebye !
Si vous voulez en savoir plus long, alors soyez corrects. Bonne visite et j'espère que cela vous instruira, que vous ne prendrez pas ce site pour un truc "sympa" mais une source pour connaître davantage de choses sur ce qui frappe notre monde. Admettez que c'est plus intelligent qu'un blog qui présente les photos du petit copain, du chien du voisin, etc du créateur.

Qu'en pensez-vous ? [/b]



--

Mes pensées

Posté le 12.03.2006 par world
Bonjour tout le monde !
Peut être que vous vous êtes demandés certaines fois "qui est cette webmaster (webmastrice ?????) qui semble si déprimée par notre monde ?".
Peut être que vous vous dites que je suis une adulte. Une grande dame qui est étourdie par ce qui se passe autour d'elle. Ou alors je suis une petite fille. Mais ça vous étonne, les enfants passent leur temps à jouer et à s'amuser, sans se rendre compte de ce qui arrive sur la Terre. Les informations de 20 heures ne les regardent pas, pour vous. Ces êtres on ne peut plus innocents rêvent de leur prochaine poupée ou voiture. Peut être que c'était comme ça à l'époque. Les affaires de grandes personnes regardaient les grandes personnes. Les guerres, famines, et autres tragédies étaient moins fréquentes. Je vais vous apprendre ce qui se passe dans ma tête. Oui, je suis jeune. Oui, je n'ai que 11 ans. Oui, oui, oui... Mais dans sous ma tignasse blonde et mes grands yeux noisettes, ça réfléchit.
"Cette pauvre fille n'a plus d'espoir de vivre". Eh bien non !
J'ai un espoir. Un immense espoir. Je suis sûre que Dieu va arranger ça. Il nous sauvera. Une petite sotte qui ne connaît rien à la vie ? Non. La preuve, c'est ce blog. Ces informations sont bien réelles. Je ne désespère pas, bien au contraire ! Je veux vous montrer que ce que vous vivez, ce sont peut être...les derniers jours avant qu'une justice soie rendue. Oui. J'y crois. C'est cette espérance qui me fait vivre. Sinon, pourquoi je ne serai pas morte de tristesse ?
Je pense que vous en avez assez... Pour vous, Internet et les blogs sont un moyen de détente. Vous ne venez pas pour morfler, vous sentir coupables. Mais, réfléchissons une seconde: qui a fait que la Terre n'aie carrément plus de ressources ? (les forêts sont envahies de machines pour détruire les arbres, l'Amazonie rapetisse de plus en plus,...) Ce sont les hommes ! Et cette histoire de réchauffement de la planète ??? Les acides, la pollution, tout ça, ça vient de quoi ? D'UNE SALETE D'HOMME QUI "OUBLIE" DE JETER SES DETRITUS A LA POUBELLE !!!!!!! Les usines, aussi, c'est du joli : en nous balladant sur des routes du Maroc, cherchant à visiter de magnifiques endroits, nous vîmes un paysage révoltant : des plantes, des arbres et des feuilles, et quelques mètres après une usine pleine de pétrole et de trucs comme ça. Je suis confuse. Je ne peux pas vous citer ce qui constitue les usines et les noms d'essences, de pétrole, etc... Par contre, je peux vous citer des noms d'animaux superbes, des fleurs magiques et aux parfums enivrants.
J'ai fait cet article pour me présenter. Et je me suis égarée... Je ne donnerai pas mon nom ni mon prénom, seulement un simple surnom "world".
World. Monde. Monde. World.
Dans 150 ans, restera-t-il un véritable monde ? Laissez vos avis dans les commentaires.

La famine ravage l'Afrique

Posté le 11.03.2006 par world
La famine ravage l'Afrique

LA FAMINE, ce terrible fléau, ravage une grande partie du continent africain. Pour qui n'est pas Africain, il est difficile de se représenter la grandeur de la région touchée.

Prenez une carte de l'Afrique ; situez le Sénégal et la Mauritanie, tout à fait à l'ouest ; puis, en allant vers l'est, en bordure du Sahara, vous avez le Mali, la Haute-Volta, le Niger et le Tchad. Dans cette région, d'environ 3 500 kilomètres, appelée le Sahel, vivent plus de 25 millions de personnes. Depuis cinq ans, la plus grande partie de cette zone est brûlée par le soleil, et ses habitants souffrent de la famine la plus grave de mémoire d'homme.

De l'autre côté du Soudan, vous avez l'Éthiopie. Là aussi, dans deux provinces très peuplées, sévissent la sécheresse et la sous-alimentation. D'est en ouest, un immense territoire du nord de l'Afrique est donc ravagé par une famine désastreuse. Certes, plusieurs rapports semblent excessifs, mais il n'en reste pas moins que les conditions sont graves.

La zone du Sahel

Dans le Sahel, la température diurne atteint couramment 46 degrés à l'ombre. Une chaleur aussi ardente, aggravée par un manque d'eau durant la saison des pluies, a rendu improductives des terres autrefois à demi fertiles. Les quelques récoltes qui parviennent à rester en vie dans cette fournaise désespérante sont chétives et se flétrissent. Les arbres dénudés font penser à des squelettes. Le désert a remplacé les pâturages.

Les rivières ne sont plus que des rigoles au milieu des bancs de sable ou des trous boueux et infects. Quatre-vingts pour cent du cheptel a disparu. Des milliers de carcasses de boeufs, de chèvres, de moutons et de chameaux jalonnent la terre craquelée.

Mais ce sont les hommes qui souffrent le plus. L'été dernier, des fonctionnaires ont estimé que si la pluie ne venait pas ou si les nations étrangères ne continuaient pas à envoyer des vivres en grande quantité, six millions de personnes mourraient. Il semble qu'on ait évité pareille catastrophe, tout au moins jusqu'à maintenant. On ne sait pas exactement combien de gens sont morts, bien que la plupart des estimations parlent de 'nombreux milliers'.

Quantité de facteurs rendent difficile toute évaluation précise du nombre des décès. Beaucoup de victimes sont des nomades, qui vivent et meurent dans le désert, loin des centres urbains. En outre, les décès sont souvent attribués à des maladies rendues mortelles par la faim plutôt qu'à la famine elle-même.

Les conditions sont devenues si graves dans les régions désertiques que certaines tribus du Tchad ont supplié qu'on ne les vaccine pas contre la diphtérie. Pourquoi ? Parce que ces gens pensent que la mort par la maladie serait plus rapide que la mort par les privations. On se rend compte de la gravité de la situation quand on sait que les bergers se sont eux-mêmes privés d'eau et de lait pour que des veaux aient une chance de survivre. À un certain endroit, on a même tué de précieux chameaux pour leur prendre leur réserve d'eau. D'autres nomades ont, dit-on, pressé des excréments d'animaux pour en extraire l'humidité.

Les effets des privations sont surtout manifestes parmi les enfants et les vieillards. Les membres des équipes de secours racontent que les enfants, rendus difformes par la faim, sont souvent trop faibles pour faire la queue lors des distributions de soupe.

La famine en Éthiopie

Les rapports concernant la famine en Éthiopie sont arrivés plus lentement, mais la situation est aussi terrible que dans la partie occidentale de l'Afrique. Selon un rapport des Nations unies, peut-être 100 000 personnes sont mortes en Éthiopie entre avril et août 1972. Certains fonctionnaires affirment qu'en réalité le chiffre est beaucoup plus élevé.

En tout cas, depuis lors, un nombre incalculable de gens ont trouvé la mort. On rapporte que dans treize centres de secours établis dans une des provinces, 700 à 1 000 personnes mouraient chaque semaine. Un membre d'une équipe de secours déclara : "Si ces gens meurent à un rythme aussi rapide, nous pouvons être absolument certains qu'il en meurt des centaines, voire des milliers dans les campagnes."

Le journal anglais The Guardian a publié un article de Jonathan Dimbleby qui décrivait des "images de désespoir" dans les centres de secours. Nous citons :

"Un enfant tétait désespérément le sein tari de sa mère à l'aspect famélique ; une femme, frappée de dysenterie, s'efforçait en vain de quitter l'abri en titubant ; un garçon de 12 ans peut-être, les bras et les jambes grosses comme des allumettes, avait toutes les peines du monde à porter une cruche d'eau qui n'en contenait pas plus d'un litre ; un autre soutenait la tête de son père mourant. Où que nous nous tournions, nous rencontrions le même regard désespéré."

Les conditions sont devenues si terribles qu'une aide soignante du camp de Kembolishia déclara : "S'il y a une autre mauvaise récolte, je pense que nous nous trouverons avec un désastre général sur les bras."

La cause de la famine

Quelle est la cause de cette situation en Afrique occidentale et en Éthiopie ? La cause immédiate est bien sûr le manque de pluie.

Cela fait maintenant six ans que la région du Sahel ne bénéficie pas de précipitations importantes. La sécheresse se perpétue d'elle-même, créant un cycle apparemment sans fin. À mesure que le sol s'échauffe davantage, il se dessèche et se transforme en poussière. L'humidité relative diminue encore, ce qui empêche la formation de nuages de pluie. La chaleur est donc plus forte, et le cycle continue. Les cours d'eau importants, qui sont une barrière naturelle contre l'empiètement du désert, se rétrécissent. Aussi le Sahara s'étend-il chaque année un peu plus vers le sud.

Il y a bien eu quelques répits à cette sécheresse, mais les pluies n'ont pas été suffisantes pour être d'une aide véritable. Après une averse, les agriculteurs plantent le mil, le sorgho ou l'arachide ; mais le soleil brûle rapidement ce qu'ils ont planté. La saison dernière, certains cultivateurs ont planté trois ou quatre fois après une averse, mais comme les pluies ne persistaient pas, peu de cultures ont pu arriver à maturité.

L'homme lui-même a contribué à perpétuer le mécanisme de la sécheresse. Des cultivateurs affamés et désespérés ont mangé leurs semences. Un diplomate de la région a expliqué que cette façon d'agir est tout à fait inhabituelle. "Dans mon pays, dit-il, un cultivateur conserve religieusement ses semences. Année après année, il choisit les meilleures graines de ses récoltes et les garde comme semences. Mais cette année, les agriculteurs ont mangé leurs semences. Je n'avais jamais vu cela de ma vie." Quand la semence est mangée, il n'y a plus rien à planter l'année d'après, même si les conditions sont favorables à la culture.

Les hommes ont aggravé la sécheresse au Sahel d'une autre manière encore : par un élevage excessif. Au début des années 1960, quand il semblait qu'il y avait abondance de nourriture pour les troupeaux, les bergers ont élevé beaucoup plus de bétail que les pâturages ne pouvaient en nourrir. De plus, c'étaient des animaux forts, vaccinés pour résister aux maladies. Quand, pendant plusieurs années, la pluie a fait défaut, les hommes ont emmené leurs grands troupeaux plus au sud, là où il y avait encore de l'eau et des pâturages. De vastes régions fertiles ont été lentement mais complètement dépouillées de toute végétation.

Le problème des secours

La façon même dont cette famine s'est développée a contribué à sa gravité. La situation a évolué lentement. Contrairement à certaines disettes des temps modernes, celle-ci n'a pas eu un caractère "sensationnel". Le reste du monde ignorait ce qui se passait dans la région sinistrée. Les secours ont donc été lents à arriver.

Il semble que les autorités des pays concernés n'aient pas pleinement compris l'ampleur du désastre avant que les nomades ne commencent à quitter le désert et à venir dans les villes en quête de nourriture. Ainsi, en quelques mois, la population de la capitale d'un pays d'Afrique occidentale est passée de 40 000 à 120 000 habitants.

D'autre part, il semble aussi que les autorités de certains de ces pays aient voulu cacher l'étendue de la famine. Ils cherchaient ainsi à garder intacte devant le reste du monde leur réputation de nation en plein développement. Les grandes villes n'accueillaient pas toujours volontiers les nomades affamés du désert. On a raconté qu'il y a eu des échauffourées entre les réfugiés et les citadins, qui considéraient les nomades comme des "parasites".

Des Africains ont reproché à d'autres pays d'Afrique de ne pas beaucoup s'intéresser à eux et de réagir lentement, pour leur venir en aide. Le Tanzanian Daily News, organe du gouvernement de Tanzanie, écrivit : "Que devient l'esprit de fraternité africain ? (...) Nous parlons beaucoup de l'unité et de la solidarité africaines, mais quand il s'agit de passer aux actes, nous restons les mains dans les poches."

En outre, dans certains cas, des organismes de secours d'autres continents ont été considérablement gênés dans leurs efforts pour apporter une aide rapide aux régions sinistrées. Les paperasseries et les erreurs administratives ont été à la base de nombreux retards dans la livraison des vivres. Mais finalement, divers organismes sont parvenus à rassembler les denrées nécessaires et à les acheminer par chemin de fer, par camions ou à dos de chameaux. Des avions ont parachuté des vivres aux nomades dans le désert.

Mais que réserve l'avenir ?

Peut-on mettre fin à ces famines ?

Selon les projets à court terme, les secours doivent se poursuivre. On estime que cette année on devra envoyer au Sahel 662 000 tonnes de nourriture. Cependant, même si les pluies réapparaissent normalement, il faudra de nombreuses années pour réparer les dégâts. Les vaches affaiblies par les privations ne peuvent plus vêler. Des populations chassées de leurs territoires doivent affronter un nouveau mode de vie dans les villes.

Qu'est-il prévu à long terme ? Peut-on mettre fin définitivement aux famines en Afrique ? S'ils sont vraiment honnêtes, la plupart des fonctionnaires admettent que les perspectives sont plutôt sombres.

Certains, il est vrai, proposent de construire des barrages pour avoir des réserves d'eau en cas de sécheresse. Mais ces eaux seraient un lieu d'élection pour les simulies, qui causent la redoutable "cécité des rivières". Des milliers de personnes déjà affligées de ce mal ne peuvent plus accomplir de travaux agricoles. Cela aggrave encore les problèmes économiques.

D'autres experts pensent que l'"éducation" pourrait résoudre les problèmes alimentaires de l'Afrique. Mais pour beaucoup d'Africains, l'"éducation" signifie souvent une tentative visant à leur faire adopter les coutumes occidentales. Selon Joseph Ki-Zerbo, de la Haute-Volta, cela rend les Africains dépendants des étrangers. Il écrivit ce qui suit dans Ceres, une publication de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture :

"En Afrique, où de vastes territoires restent en friche année après année, faute de matériel et de formation, et attendent d'être mis en valeur, les populations ont mené une existence indépendante quoique médiocre jusqu'à la fin du XIXe siècle. Mais actuellement, elles dépendent de plus en plus du mil américain, du riz soviétique et de la farine et de la semoule européennes. Les pays sous-développés s'accroupissent toujours plus sous la table des peuples riches."

Les hommes du présent monde sont incapables de résoudre les problèmes alimentaires de l'Afrique.

Dans 150 ans

Posté le 11.03.2006 par world
Avenir

Les yeux vers l'horizon, cherchant quelque chose à faire,
de ma vie complètement à l'envers,
je demande mon chemin,
espérant que quelqu'un me donne la main.

Je me demande souvent,
mais pourquoi suis-je ici ?
Dans cette vie toute pourrie,
et je me demande si les guerres,
les famines, la perte de mères et pères
s'éliminera un jour, et pour toujours.

J'aimerai que les gens réagissent,
devant cet appel à l'aide,
devant ce danger permanent,
devant ces cris de fureur

Ce n'est pas qu'à la télé,
pensez à vous protéger,
la terre va exploser,
comme un vulgaire rocher,
et nous espérons qu'un jour,
elle reviendra, et pour toujours.

Dans 150 ans

Posté le 11.03.2006 par world
Voici les paroles d'une chanson qui prouve que je ne suis pas la seule à en baver, de ce qui se passe en ce moment et du futur qu'on réserve à nos prochaines générations. De plus, j'adore ce chanteur et ce qu'il fait. Et vous ?

Dans 150 ans
de Raphaël


Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De ta première ride, de nos mauvais choix,
De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'armes,
Des types qui votent les lois là bas au gouvernement,
De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,
Du temps qui avance, de la mélancolie,
La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,
Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,
Alors souris.

Dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De la vieillesse qui prend, de leurs signes de croix,
De l'enfant qui se meurt, des vallées du tiers monde,
Du salaud de chasseur qui descend la colombe,
De ce que t'étais belle, et des rives arrachées,
Des années sans sommeil, 100 millions de femmes et
Des portes qui se referment de t'avoir vue pleurer,
De la course solennelle qui condamne sans ciller,
Alors souris.

Et dans 150 ans, on n'y pensera même plus
A ce qu'on a aimé, à ce qu'on a perdu,
Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues !
Finir tous dans la terre, mon dieu ! Quelle déconvenue.
Et regarde ces squelettes qui nous regardent de travers,
Et ne fais pas la tête, ne leur fais pas la guerre,
Il leur restera rien de nous, pas plus que d'eux,
J'en mettrais bien ma main à couper ou au feu,
Alors souris.

Et dans 150 ans, mon amour, toi et moi,
On sera doucement, dansant, 2 oiseaux sur la croix,
Dans ce bal des classés, encore je vois large,
P't'être qu'on sera repassés dans un très proche, un naufrage,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais que veux-tu ?...

Ce qui se passe en cas de famine

Posté le 11.03.2006 par world
[b]Ce qui se passe en cas de famine

CELUI qui a toujours pu acheter tous les aliments qu'il désirait, a de la peine à imaginer ce qui se passe en cas de famine.

Prenons l'exemple du Bangladesh, ce pays d'Asie du Sud qui a récemment été ravagé par des inondations. Il a fallu établir des "soupes" populaires pour nourrir les foules de gens qui affluent dans les villes en quête de nourriture. Un reportage spécial publié dans le New York Times en décrit une en ces termes :

"À une soupe populaire typique à Mirpur, un faubourg surpeuplé de [Dacca], 1 000 personnes font la queue pour un morceau de 'roti' ou pain sans levain fait de farine de froment. À cette ration on ajoute un biscuit aux protéines et 90 grammes de lait qui sont donnés par la Croix-Rouge. Ces aliments sont servis une fois par jour dans l'après-midi. Il y a tellement de bousculades et de bagarres que les surveillants se servent de bâtons pour maintenir l'ordre dans la foule composée principalement de vieillards, de femmes et d'enfants, qui semblent terriblement affamés."

Selon le même reportage, les conditions hors de la ville sont encore pires. Là, "les indigents arrivent à la cantine tôt le matin pour obtenir un demi-morceau de 'roti' qui sera servi à la fin de l'après-midi. On ne donne ni lait ni lentilles".

Recherche désespérée de nourriture

Le Daily Times du Nigeria, dans son numéro du 28 novembre 1973, parle des conditions qui régnaient à cette époque dans le nord-est du pays. Nous lisons : "Les gens (...) démolissent les fourmilières pour y prendre les provisions entreposées par les fourmis, car la sécheresse persiste et les champs sont dévastés par les sauterelles."

L'Inde également souffre d'une grave famine. D'après des fonctionnaires, les villageois des régions isolées se nourrissent de racines, de feuilles et d'herbe provenant des rizières desséchées.

Un assistant social étranger parle des conditions qui règnent à Calcutta : "Selon les normes alimentaires, certains de ces gens devraient être morts. On voit des enfants manger de l'herbe, des rats ou l'écume verte des citernes." Bernard Weinraub, écrivant dans le New York Times du 5 septembre 1974, déclarait : "On assiste à des scènes des plus pénibles. Un enfant en observe un autre qui mange une crème glacée sur un bâton. Quand la crème est consommée et le bâtonnet jeté dans le ruisseau, l'enfant qui regardait le ramasse et le suce."

La recherche de nourriture a parfois de tragiques conséquences. Le journal West Australian expliquait :

"Des milliers de gens sont morts en Irak dans ce qu'on a appelé le plus grand empoisonnement de l'Histoire. (...)

"Les victimes ont mangé du grain traité avec une solution au mercure et qui devait servir uniquement de semence. (...)

"La police avait fait paraître des avertissements précis signalant que le grain n'était pas destiné à la consommation humaine. Mais les semences ont été volées pendant le déchargement et le transport.

"Certains de ceux qui ont mangé ce grain sont morts, d'autres sont devenus impotents, aveugles ou sourds à cause de lésions au cerveau."

Effets secondaires de la famine

La mort par la faim est lente et atroce. Mais bien avant que la personne ne succombe, le manque de nourriture fait sentir ses effets.

Dans une récente interview, le Dr Nevin Scrimshaw, une autorité en ce qui concerne la faim dans le monde, expliqua que là où la sous-alimentation est courante, "on ne peut souvent faire travailler les gens que deux ou trois heures par jour étant donné le peu de calories que leur apporte leur maigre régime". Un cercle vicieux s'établit alors, car celui qui n'est capable de travailler que quelques heures ne peut s'acheter la quantité de nourriture qui lui aurait donné des forces pour travailler davantage.

Il ne suffit pas non plus d'avoir assez de nourriture ; il faut encore que celle-ci soit de bonne qualité. Une carence en vitamine A, par exemple, produit de graves troubles visuels. Un manque de fer conduit à l'anémie. Un régime pauvre en vitamine B1 affecte le système nerveux et le coeur, et un manque d'iode dans l'alimentation d'une femme enceinte risque d'avoir des répercussions sur le développement physique et mental de l'enfant.

Lors d'une visite qu'il fit en Afrique occidentale, le journaliste Martin Walker a constaté les effets de la sous-alimentation. Il écrivit :

"Nous parcourions les tentes, regardant les pieds gonflés comme des ballons de football, à cause du manque de protéines, les paupières pâlies par l'anémie et les membres tellement décharnés que les articulations des genoux semblaient énormes et déformées."

Les enfants sont les principales victimes

Ce sont surtout les enfants qui souffrent en cas de famine. Un bébé gravement sous-alimenté devient apathique, triste et sans vie. Le journaliste précité relata ainsi ce qu'il avait vu :

"Soudain, je me suis rendu compte qu'aucun enfant ne nous suivait. Dans la plupart des villages africains, un homme blanc entraîne à sa suite une bande d'enfants rieurs et qui sucent leur pouce. Mais ici, aucun enfant n'avait la force de jouer ou de nous suivre, ni même de chasser les mouches qui grouillaient sur ses plaies."

Les commentaires suivants du World Health de février-mars 1974 expliquent également les effets de la famine sur les enfants. Nous lisons :

"Un exemple typique de simple survie est donné par cet enfant sud-américain de deux ans, de la classe pauvre. Il a souffert six fois d'une infection des yeux, cinq fois de diarrhée, dix fois d'une infection des voies respiratoires supérieures, quatre fois de bronchite, également de rougeole suivie de broncho-pneumonie et de stomatite. En 24 mois cet enfant a été malade près de 30 fois et a eu l'une ou l'autre de ces infections pendant environ un tiers de sa vie. Son alimentation était insuffisante."

Les dégâts peuvent apparaître dès avant la naissance de l'enfant. Les cellules du cerveau, par exemple, sont celles qui se multiplient le plus rapidement au cours des cinquième et sixième mois de la grossesse. Après la naissance, elles continuent à se développer pendant environ dix-huit mois. Si un enfant est privé des protéines essentielles durant cette période critique, il peut en résulter une détérioration du cerveau.

Effets sur la mentalité des gens

La famine cause du tort physiquement, mais elle a aussi un effet sur la mentalité des gens. Si la famine devait sévir dans votre région, comment réagiriez-vous ?

La façon dont les gens se conduisent en cas de disette dépend de leur attitude dans les situations pénibles en général. Dans certains cas, c'est le principe du "moi d'abord" ou du "chacun pour soi" qui prévaut, avec les terribles conséquences qu'on imagine.

La faim a déjà été la cause d'émeutes et de pillages des réserves de grain en Inde, en Bolivie et en Éthiopie. M. P. Tripathi, législateur dans l'État de l'Uttar Pradesh, dans le nord-est de l'Inde, donna l'avertissement suivant : "Sans nul doute, la faim sera cause de milliers de morts. Le crime augmentera et des émeutes éclateront en différents endroits."

Les affres de la faim ont conduit diverses personnes à de terribles extrémités. Le numéro du 7 octobre de Newsweek en donnait un exemple :

"Des hommes à la recherche de nourriture ont abandonné à eux-mêmes leurs femmes et leurs enfants. La presse indienne a rapporté des cas de familles qui ont préféré se suicider plutôt que de mourir lentement de faim, ou de pères affolés qui jetaient leurs petits enfants dans la rivière."

En Afrique, dans la région du Sahel, la terrible sécheresse qui a engendré la famine a produit un autre effet néfaste sous la forme d'un "traumatisme psychologique". C'est ce que déclare un rapport, qui ajoute : "Quand un paysan n'a plus foi dans sa terre et quand un nomade perd confiance dans la fertilité du désert, la conséquence est une sorte de castration psychologique."

Plusieurs des "solutions" suggérées témoignent de l'impuissance des hommes face aux disettes qui s'aggravent. Des autorités ont proposé la stérilisation obligatoire. D'autres ont considéré sérieusement un "triage national", qui consisterait à réduire le nombre des décès en aidant par des soins immédiats seulement les gens qui peuvent être sauvés, et à laisser mourir ceux dont l'état est trop grave.[/b]

La famine

Posté le 11.03.2006 par world
Des millions de gens demandent : "Que mangerons-nous ?"

EN INDE, un cultivateur abandonna son champ ravagé par la sécheresse et alla vendre son unique boeuf au marché. Que reçut-il en échange de l'animal ? Douze bananes ! Comme des millions d'autres en Inde, cet homme a faim.

Non seulement en Inde, mais dans toute l'Asie, dans une grande partie de l'Afrique et dans d'autres parties du monde, des millions de gens demandent : "Que mangerons-nous ?"

La situation est si critique que certains spécialistes prédisent les conditions d'une famine internationale dans les mois à venir.

La famine qui n'était "pas prévue"

Certes, des pays comme l'Inde sont connus pour leurs famines périodiques. Toutefois, cette sous-alimentation permanente est différente. Un fonctionnaire indien âgé d'une cinquantaine d'années déclara : "C'est [la famine] la plus grave que j'ai jamais vue." Elle est d'autant plus grave qu'elle n'était "pas prévue". Mais des avertissements n'avaient-ils pas été lancés ces dernières années ?

Effectivement. Ainsi, le livre Famine - 1975 (angl.; publié en 1967) citait cette prédiction du Dr R. Ewell : "Le monde est sur le point de connaître la plus grande famine de son histoire. Si la tendance actuelle continue, il est probable que cette famine atteindra de graves proportions en Inde, au Pakistan et en Chine au début des années 1970. (...) Une telle famine aura des proportions énormes et affectera des centaines de millions de gens."

Des avertissements comme celui-là étaient bien connus des spécialistes en alimentation. Cependant, il se produisit un événement qui étouffa temporairement ces prédictions alarmantes.

Au milieu des années 1960, la "révolution verte" commença avec une énorme publicité. On développa des semences de blé et de riz à très haut rendement, ce qui fit espérer que la faim allait être "vaincue". Les voix annonçant la famine furent étouffées.

Mais maintenant, les espoirs suscités par la "révolution verte" paraissent vains. Le New York Times déclara : "La révolution verte en Asie, qui promettait une ère nouvelle dans la production alimentaire et la fin définitive de la famine, a connu un échec cuisant en 1972." Il faisait encore cette remarque : "La belle promesse de la révolution verte, qui n'a jamais été aussi verte qu'on le disait parfois, paraît s'évanouir."

Les réserves de denrées alimentaires s'épuisent en Asie et en Afrique

Certes, il y a quelques mois encore, la "révolution verte" semblait être un brillant succès, voire un triomphe pour la science. Après les récoltes de 1971, Indira Gandhi, premier ministre indien, était assez confiante pour dire que son pays n'importerait plus jamais de céréales.

Toutefois, en moins d'un an, les réserves excédentaires ont disparu, et l'Inde connaît une crise alimentaire nationale. Dans un des États indiens, 50 pour cent des céréales plantées l'année dernière ont été détruites. Seulement 30 pour cent des plants de riz ont pu être plantés. La récolte totale de céréales pour la nation est tombée de 60 pour cent en dessous de la normale. Les hommes sont obligés de travailler de longues périodes sans manger. Et on annonce des conditions pires encore, mais pas seulement en Inde.

Selon le South China Morning Post, la famine récente qui a frappé l'Afghanistan n'a été "rapportée que partiellement à l'étranger". Des habitants de ce pays ont dû quitter leurs villages et ont été réduits à manger de l'herbe et des racines. Certains ont vendu leurs animaux domestiques, leurs terres et même les poutres de leur maison pour acheter la moindre nourriture disponible. On a signalé des dizaines de milliers de morts.

On a également rapporté des disettes dans des pays asiatiques comme l'Indonésie, le Bangladesh, le Pakistan, le Cambodge, le Laos et la Turquie. En Corée du Sud et en Thaïlande, les récoltes ont connu une baisse.

Il en a été de même en Russie et en Chine. Parlant de l'année 1972, le Spectator du Canada déclara que "l'Union soviétique avait connu sa plus mauvaise récolte du siècle". Elle a dû acheter à l'étranger des céréales dont elle avait un "besoin urgent" pour près de 10 milliards de francs français, essentiellement aux États-Unis. Il y a eu également une baisse dans la récolte de pommes de terre et de légumes. Cette pénurie importante a suscité des problèmes pour toute l'économie russe et a provoqué le remplacement du ministre de l'agriculture.

En Chine, les récoltes de céréales, ainsi que la production de coton, de sésame et d'arachide, ont connu une baisse en 1972. C'est une des rares fois, depuis que les communistes ont pris le pouvoir en 1949, que la Chine reconnaît officiellement l'insuffisance de la récolte de céréales.

L'Afrique a également été frappée par de graves pénuries en denrées alimentaires. L'Union des fermiers de Rhodésie parle de la diminution de 50 pour cent des récoltes de céréales comme d'un "drame national". La situation en Mauritanie est qualifiée d'"extrêmement grave". On estime que dans ce pays peut-être 80 pour cent du bétail a péri. La récolte de céréales n'a été que de un cinquième de la récolte normale.

Au début de 1973, la perte enregistrée par les cultivateurs d'Afrique du Sud pour les céréales était supérieure à un milliard trois cents millions de francs français. Le Mali, le Tchad et la Haute-Volta, pays situés juste au sud du Sahara, sont les plus touchés. Cependant, la Zambie, le Botswana, le Swaziland, la République centrafricaine, le Sénégal, le Dahomey, le Cameroun et le Nigeria sont également touchés par le manque de denrées alimentaires. On signale également une pénurie dans certaines îles ainsi qu'en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Selon le Dr Boerma, directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, "le monde est près de connaître la famine". En février 1973, il conseilla à tout pays ayant besoin d'aide de 'prendre des dispositions dès maintenant' avec d'autres pays.

Cependant, ces derniers pourront-ils offrir indéfiniment leur aide ? Quelle est la situation des nations connues pour avoir des récoltes très abondantes ?

La situation dans les autres pays

Quelle est la situation aux États-Unis ? Bien que ce pays ne connaisse pas de problèmes importants pour ce qui est des récoltes de denrées alimentaires, il compte néanmoins plus de vingt-cinq millions de gens qui ne jouissent pas de ce qu'on appelle officiellement un "niveau de vie décent". En d'autres termes, ils sont pauvres et ont souvent faim.

Dans le même temps, le prix des denrées alimentaires ne cesse d'augmenter aux États-Unis. En 1972, les prix avaient augmenté de 4,8 pour cent par rapport à l'année précédente. On prévoit une augmentation de 6 pour cent en 1973. Au Canada, ils ont augmenté de 8,6 pour cent en 1972.

Cette augmentation est directement liée à la quantité de denrées disponible. Plus la demande est grande par rapport aux réserves disponibles, plus les prix augmentent. Ainsi, aux États-Unis, en 1972, le prix du boisseau d'une certaine catégorie de blé a augmenté de 61 pour cent. Cela provenait dans une large mesure des achats soviétiques. Actuellement, comme l'indique le tableau ci-dessous, les réserves en céréales des États-Unis sont épuisées.

L'année dernière, à cause d'une grave sécheresse, la récolte de céréales en Australie était inférieure de plus de la moitié à celle que l'on espérait. En 1961, la moisson en Argentine a été qualifiée de "décevante". Les réserves excédentaires de la Birmanie (appelée parfois 'la rizière du Sud-Est asiatique') sont maintenant très limitées.

On comprend donc pourquoi de plus en plus d'experts arrivent à la conclusion que les quelques nations bénéficiant d'une agriculture riche ne pourront indéfiniment nourrir le reste du monde. Dès 1969, R. O. Greep, de l'Université Harvard, faisait cette remarque :

"Le caractère critique de la situation mondiale vient, entre autres facteurs, du fait que les réserves alimentaires dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l'Australie et l'Argentine, dont la production agricole est très importante, s'épuisent rapidement. (...) Ceux qui sont en mesure d'apprécier la situation future, sont de plus en plus inquiets. (...) Le problème sera particulièrement aigu aux États-Unis, car on nous considère comme le principal fournisseur de céréales. (...) Quand la famine frappera et que les sources de denrées alimentaires ne suffiront plus, nous serons confrontés à la terrible question de savoir qui survivra."

En 1973, quand on demanda à un fonctionnaire canadien s'occupant du blé si son pays allait continuer à ravitailler le monde, il répondit : "On ne peut ni vendre ni donner ce qu'on ne possède pas."

La crise alimentaire qu'affronte toute la famille humaine est une réalité. Est-il possible de la résoudre ? Pour répondre à cette question nous devons d'abord déterminer pourquoi la famine frappe actuellement les hommes.

La famine

Posté le 11.03.2006 par world
La grande famine : l'Irlande entre mort et exode

DE L'UN DE NOS RÉDACTEURS EN IRLANDE

DANS l'ombre du Croagh Patrick, la montagne " sacrée " de l'Irlande, on peut voir un vaisseau des plus étranges. Il ressemble à un petit voilier du XIXe siècle, la proue tournée vers l'ouest, en direction de l'océan Atlantique. Mais ce bateau ne prendra jamais la mer. Il est solidement enchâssé dans un socle de béton. Des représentations saisissantes de squelettes humains s'entrelacent dans les mâts.

Il s'agit en fait d'une imposante sculpture en métal qui a été inaugurée en 1997 pour commémorer l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire de l'Irlande : la grande famine. Les squelettes et le vaisseau symbolisent la mort et l'exode massif qui ont marqué les années sombres de 1845-1850.

Bien entendu, l'Irlande n'est pas le seul pays à avoir connu la famine. Beaucoup d'autres en ont souffert. Sous bien des rapports, cependant, la grande famine a été particulièrement dévastatrice. En 1845, l'Irlande comptait environ huit millions d'habitants. En 1850, la famine en avait tué un million et demi. Un autre million avait émigré, principalement vers la Grande-Bretagne et les États-Unis, en quête d'une vie meilleure. Une grande famine ? C'est peu dire !

Quelle en a été la cause ? Quelle aide les victimes ont-elles reçue ? Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce fléau ? Pour saisir pleinement les réponses à ces questions, commençons par examiner quel genre de vie menaient les Irlandais dans les années qui ont précédé la famine.

Avant la grande famine

Au début du XIXe siècle, l'Empire britannique s'est rendu maître d'une grande partie de la planète, dont l'Irlande. Ce pays est principalement détenu par des Anglais, résidant pour la plupart en Angleterre. Ces propriétaires toujours absents perçoivent de lourds fermages de leurs métayers mais leur versent un salaire dérisoire.

Des milliers de petits fermiers vivent dans une pauvreté extrême. N'ayant pas les moyens de s'offrir de la viande et bien d'autres denrées, le peuple cultive le produit le moins coûteux, le plus facile et le plus nutritif dont il dispose : la pomme de terre.

Indispensable pomme de terre

Introduite en Irlande vers 1590, la pomme de terre était vite devenue populaire parce qu'elle s'accommodait du climat doux et humide et des sols très pauvres. Elle servait à nourrir hommes et bêtes. Vers le milieu du XIXe siècle, presque un tiers des terres arables sont consacrées à sa culture, dont pratiquement deux tiers pour la consommation humaine. L'Irlandais moyen ne mange pour ainsi dire que des pommes de terre !

Cette dépendance alimentaire de tant de personnes à la pomme de terre est la porte ouverte au désastre. En effet, que se passera-t-il si la récolte est mauvaise ?

Une première mauvaise récolte

Il est déjà arrivé que la récolte soit mauvaise. Des mesures d'urgence remédiaient au problème. La récolte suivante étant bonne, les dégâts restaient limités. Aussi, quand la récolte de 1845 est perdue, les autorités n'estiment pas devoir se faire du souci.

Mais cette fois la situation est beaucoup plus grave. On sait aujourd'hui que la récolte fut ravagée par un champignon, Phytophthora infestans, également appelé mildiou. Ce champignon se propage rapidement par voie aérienne d'un champ de pommes de terre à l'autre. Les tubercules infectés pourrissent littéralement dans le sol, tandis que les stocks, dit-on, " se liquéfient ". Puisqu'une seule variété de pomme de terre est cultivée, c'est toute la production nationale qui est touchée. Par ailleurs, comme la récolte fournit normalement les semences pour l'année suivante, les futures récoltes sont, elles aussi, compromises.

Une deuxième mauvaise récolte

Des pommes de terre de piètre qualité sauvées de l'épidémie sont plantées l'année suivante, en 1846. Mais, pour la deuxième fois, le mildiou frappe. N'ayant rien à récolter, de nombreux ouvriers agricoles perdent leur travail. Les propriétaires terriens n'ont pas les moyens de les payer.

Le gouvernement prend des mesures d'urgence. Il embauche beaucoup de ces pauvres gens, principalement pour la construction de routes, de façon à ce qu'ils puissent pourvoir aux besoins de leur famille.

Certains ne trouvent du travail que dans les hospices, des établissements qui fournissent nourriture et logement aux indigents en contrepartie de leur labeur. Le travail est pénible, la nourriture souvent pourrie, les conditions d'hébergement précaires. Plus d'un succombe.

Ces mesures procurent quelque soulagement. Mais le pire est à venir. L'hiver 1846/1847 est extrêmement froid et empêche presque tous les travaux d'extérieur. Divers organismes d'État distribuent de la nourriture gratuitement. Au bout de deux ans cependant, les caisses sont vides et l'ensemble de l'aide fournie est loin de pouvoir endiguer le flot toujours plus important de personnes affaiblies sur le plan physique. C'est alors qu'un autre malheur s'abat sur l'Irlande.

Les propriétaires - souvent considérablement endettés - continuent de réclamer leur fermage. Dans l'incapacité de payer, des milliers de métayers sont chassés de leurs terres. D'autres quittent leur exploitation et se rendent en ville dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais où aller, sans nourriture, sans argent et sans toit ? Pour un nombre croissant d'Irlandais, émigrer s'impose comme la seule solution.

L'émigration en masse

Le phénomène n'est pas nouveau. Depuis le début du XVIIIe siècle s'est instauré un flux migratoire faible mais continu vers la Grande-Bretagne et l'Amérique. Après l'hiver 1845, le filet devient un torrent ! En 1850, 26 % des habitants de New York sont Irlandais. Ils sont plus nombreux qu'à Dublin, la capitale de l'Irlande.

Au cours des six années de famine, 5 000 bateaux effectuent la périlleuse traversée de l'océan Atlantique, longue de 5 000 kilomètres. La plupart des navires sont vétustes. Certains étaient autrefois des négriers. Seule l'urgence justifie leur utilisation prolongée. Les cabines exiguës n'ont guère été arrangées. Les passagers ne disposent d'aucune installation sanitaire et survivent avec de maigres rations.

Des milliers d'entre eux, déjà affaiblis par la famine, tombent malades. Beaucoup meurent en mer. En 1847, des bateaux à destination du Canada reçoivent le nom de cercueils flottants. En effet, sur les quelque 100 000 émigrants qu'ils transportent, plus de 16 000 meurent au cours de la traversée ou peu après leur arrivée. Des lettres envoyées aux amis ou à la famille en Irlande témoignent de ces conditions, mais rien n'arrête l'hémorragie démographique.

Quelques propriétaires terriens viennent en aide à leurs anciens métayers. L'un d'eux, par exemple, affrète trois bateaux et offre la traversée à un millier de ses fermiers. Cela dit, la plupart des émigrants doivent se saigner aux quatre veines pour rassembler l'argent nécessaire. Souvent, seuls un membre ou deux d'une grande famille peuvent se payer le voyage. Imaginez sur les quais les adieux déchirants de milliers de personnes qui se doutent qu'elles ne se reverront jamais !

La maladie et une troisième mauvaise récolte

Après deux mauvaises récoltes successives et des expulsions massives, la population décimée doit affronter un autre fléau : la maladie ! Typhus, dysenterie et scorbut se disputent les vies. Beaucoup de survivants croient avoir atteint le pire, mais ils se trompent.

Encouragés par la bonne récolte de 1847, les fermiers triplent, l'année suivante, les surfaces plantées en pommes de terre. Mais catastrophe ! L'été est très humide. Le mildiou frappe de nouveau. Pour la troisième fois en quatre ans, la récolte est perdue. Les institutions gouvernementales et caritatives sont anémiées. Et pourtant, le cauchemar n'est pas terminé. En 1849, une épidémie de choléra fauche encore 36 000 vies.

Les séquelles

Malgré tout, cette épidémie marque un tournant. La récolte suivante est bonne. Lentement, la situation s'améliore. Le gouvernement promulgue des lois qui annulent toutes les dettes consécutives à la famine. La population recommence à s'accroître. Le mildiou touchera encore quelques récoltes lors des années suivantes, mais les effets seront sans commune mesure avec le fléau qui a provoqué la disparition de plus du quart de la population irlandaise.

Aujourd'hui, dans toute l'Irlande, des murs de pierres délabrés et des maisons en ruine témoignent des circonstances dramatiques qui ont conduit à la diaspora irlandaise. Rien qu'aux États-Unis, plus de 40 millions de personnes sont d'ascendance irlandaise. Le président John Kennedy ainsi qu'Henry Ford, inventeur de la voiture qui porte son nom, sont les descendants directs d'émigrants ayant fui la famine d'Irlande.

La famine

Posté le 11.03.2006 par world
La grande famine : l'Irlande entre mort et exode

DE L'UN DE NOS RÉDACTEURS EN IRLANDE

DANS l'ombre du Croagh Patrick, la montagne " sacrée " de l'Irlande, on peut voir un vaisseau des plus étranges. Il ressemble à un petit voilier du XIXe siècle, la proue tournée vers l'ouest, en direction de l'océan Atlantique. Mais ce bateau ne prendra jamais la mer. Il est solidement enchâssé dans un socle de béton. Des représentations saisissantes de squelettes humains s'entrelacent dans les mâts.

Il s'agit en fait d'une imposante sculpture en métal qui a été inaugurée en 1997 pour commémorer l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire de l'Irlande : la grande famine. Les squelettes et le vaisseau symbolisent la mort et l'exode massif qui ont marqué les années sombres de 1845-1850.

Bien entendu, l'Irlande n'est pas le seul pays à avoir connu la famine. Beaucoup d'autres en ont souffert. Sous bien des rapports, cependant, la grande famine a été particulièrement dévastatrice. En 1845, l'Irlande comptait environ huit millions d'habitants. En 1850, la famine en avait tué un million et demi. Un autre million avait émigré, principalement vers la Grande-Bretagne et les États-Unis, en quête d'une vie meilleure. Une grande famine ? C'est peu dire !

Quelle en a été la cause ? Quelle aide les victimes ont-elles reçue ? Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce fléau ? Pour saisir pleinement les réponses à ces questions, commençons par examiner quel genre de vie menaient les Irlandais dans les années qui ont précédé la famine.

Avant la grande famine

Au début du XIXe siècle, l'Empire britannique s'est rendu maître d'une grande partie de la planète, dont l'Irlande. Ce pays est principalement détenu par des Anglais, résidant pour la plupart en Angleterre. Ces propriétaires toujours absents perçoivent de lourds fermages de leurs métayers mais leur versent un salaire dérisoire.

Des milliers de petits fermiers vivent dans une pauvreté extrême. N'ayant pas les moyens de s'offrir de la viande et bien d'autres denrées, le peuple cultive le produit le moins coûteux, le plus facile et le plus nutritif dont il dispose : la pomme de terre.

Indispensable pomme de terre

Introduite en Irlande vers 1590, la pomme de terre était vite devenue populaire parce qu'elle s'accommodait du climat doux et humide et des sols très pauvres. Elle servait à nourrir hommes et bêtes. Vers le milieu du XIXe siècle, presque un tiers des terres arables sont consacrées à sa culture, dont pratiquement deux tiers pour la consommation humaine. L'Irlandais moyen ne mange pour ainsi dire que des pommes de terre !

Cette dépendance alimentaire de tant de personnes à la pomme de terre est la porte ouverte au désastre. En effet, que se passera-t-il si la récolte est mauvaise ?

Une première mauvaise récolte

Il est déjà arrivé que la récolte soit mauvaise. Des mesures d'urgence remédiaient au problème. La récolte suivante étant bonne, les dégâts restaient limités. Aussi, quand la récolte de 1845 est perdue, les autorités n'estiment pas devoir se faire du souci.

Mais cette fois la situation est beaucoup plus grave. On sait aujourd'hui que la récolte fut ravagée par un champignon, Phytophthora infestans, également appelé mildiou. Ce champignon se propage rapidement par voie aérienne d'un champ de pommes de terre à l'autre. Les tubercules infectés pourrissent littéralement dans le sol, tandis que les stocks, dit-on, " se liquéfient ". Puisqu'une seule variété de pomme de terre est cultivée, c'est toute la production nationale qui est touchée. Par ailleurs, comme la récolte fournit normalement les semences pour l'année suivante, les futures récoltes sont, elles aussi, compromises.

Une deuxième mauvaise récolte

Des pommes de terre de piètre qualité sauvées de l'épidémie sont plantées l'année suivante, en 1846. Mais, pour la deuxième fois, le mildiou frappe. N'ayant rien à récolter, de nombreux ouvriers agricoles perdent leur travail. Les propriétaires terriens n'ont pas les moyens de les payer.

Le gouvernement prend des mesures d'urgence. Il embauche beaucoup de ces pauvres gens, principalement pour la construction de routes, de façon à ce qu'ils puissent pourvoir aux besoins de leur famille.

Certains ne trouvent du travail que dans les hospices, des établissements qui fournissent nourriture et logement aux indigents en contrepartie de leur labeur. Le travail est pénible, la nourriture souvent pourrie, les conditions d'hébergement précaires. Plus d'un succombe.

Ces mesures procurent quelque soulagement. Mais le pire est à venir. L'hiver 1846/1847 est extrêmement froid et empêche presque tous les travaux d'extérieur. Divers organismes d'État distribuent de la nourriture gratuitement. Au bout de deux ans cependant, les caisses sont vides et l'ensemble de l'aide fournie est loin de pouvoir endiguer le flot toujours plus important de personnes affaiblies sur le plan physique. C'est alors qu'un autre malheur s'abat sur l'Irlande.

Les propriétaires - souvent considérablement endettés - continuent de réclamer leur fermage. Dans l'incapacité de payer, des milliers de métayers sont chassés de leurs terres. D'autres quittent leur exploitation et se rendent en ville dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais où aller, sans nourriture, sans argent et sans toit ? Pour un nombre croissant d'Irlandais, émigrer s'impose comme la seule solution.

L'émigration en masse

Le phénomène n'est pas nouveau. Depuis le début du XVIIIe siècle s'est instauré un flux migratoire faible mais continu vers la Grande-Bretagne et l'Amérique. Après l'hiver 1845, le filet devient un torrent ! En 1850, 26 % des habitants de New York sont Irlandais. Ils sont plus nombreux qu'à Dublin, la capitale de l'Irlande.

Au cours des six années de famine, 5 000 bateaux effectuent la périlleuse traversée de l'océan Atlantique, longue de 5 000 kilomètres. La plupart des navires sont vétustes. Certains étaient autrefois des négriers. Seule l'urgence justifie leur utilisation prolongée. Les cabines exiguës n'ont guère été arrangées. Les passagers ne disposent d'aucune installation sanitaire et survivent avec de maigres rations.

Des milliers d'entre eux, déjà affaiblis par la famine, tombent malades. Beaucoup meurent en mer. En 1847, des bateaux à destination du Canada reçoivent le nom de cercueils flottants. En effet, sur les quelque 100 000 émigrants qu'ils transportent, plus de 16 000 meurent au cours de la traversée ou peu après leur arrivée. Des lettres envoyées aux amis ou à la famille en Irlande témoignent de ces conditions, mais rien n'arrête l'hémorragie démographique.

Quelques propriétaires terriens viennent en aide à leurs anciens métayers. L'un d'eux, par exemple, affrète trois bateaux et offre la traversée à un millier de ses fermiers. Cela dit, la plupart des émigrants doivent se saigner aux quatre veines pour rassembler l'argent nécessaire. Souvent, seuls un membre ou deux d'une grande famille peuvent se payer le voyage. Imaginez sur les quais les adieux déchirants de milliers de personnes qui se doutent qu'elles ne se reverront jamais !

La maladie et une troisième mauvaise récolte

Après deux mauvaises récoltes successives et des expulsions massives, la population décimée doit affronter un autre fléau : la maladie ! Typhus, dysenterie et scorbut se disputent les vies. Beaucoup de survivants croient avoir atteint le pire, mais ils se trompent.

Encouragés par la bonne récolte de 1847, les fermiers triplent, l'année suivante, les surfaces plantées en pommes de terre. Mais catastrophe ! L'été est très humide. Le mildiou frappe de nouveau. Pour la troisième fois en quatre ans, la récolte est perdue. Les institutions gouvernementales et caritatives sont anémiées. Et pourtant, le cauchemar n'est pas terminé. En 1849, une épidémie de choléra fauche encore 36 000 vies.

Les séquelles

Malgré tout, cette épidémie marque un tournant. La récolte suivante est bonne. Lentement, la situation s'améliore. Le gouvernement promulgue des lois qui annulent toutes les dettes consécutives à la famine. La population recommence à s'accroître. Le mildiou touchera encore quelques récoltes lors des années suivantes, mais les effets seront sans commune mesure avec le fléau qui a provoqué la disparition de plus du quart de la population irlandaise.

Aujourd'hui, dans toute l'Irlande, des murs de pierres délabrés et des maisons en ruine témoignent des circonstances dramatiques qui ont conduit à la diaspora irlandaise. Rien qu'aux États-Unis, plus de 40 millions de personnes sont d'ascendance irlandaise. Le président John Kennedy ainsi qu'Henry Ford, inventeur de la voiture qui porte son nom, sont les descendants directs d'émigrants ayant fui la famine d'Irlande.

Une Terre meurtrie

Posté le 11.03.2006 par world
Une Terre meurtrie

EN 1805, quand les célèbres explorateurs Lewis et Clark atteignent la Columbia, un fleuve des États-Unis qui traverse l'État de Washington, ils sont particulièrement frappés par la surabondance de saumons dans ses eaux. " La profusion de ces poissons est presque inconcevable, écrivent-ils dans leur journal. Ils sont si nombreux à descendre le fleuve et à s'échouer sur les berges que les Indiens n'ont plus qu'à les ramasser, à les ouvrir et à les mettre à sécher sur un treillage. " D'ailleurs, il y a tant de poissons qu'une fois séchés les Indiens s'en servent aussi comme combustible !

Aujourd'hui, le tableau est complètement différent. " Les scientifiques savent depuis dix ans que les poissons sont pêchés dans l'océan plus vite qu'ils ne se reproduisent ", indiquait une enquête de Newsweek. Par exemple, on estime que 90 % des saumons sauvages de l'Atlantique Nord ont disparu.

Mais il n'y a pas que les poissons qui se font rares. Les ressources naturelles, comme les combustibles fossiles, les minerais et les forêts, disparaissent à un rythme effarant. Le WWF (Fonds mondial pour la protection de la nature) signale que 30 % des ressources naturelles terrestres ont été perdues entre 1970 et 1995. L'exploitation de ces ressources est à double tranchant, car les méthodes employées détruisent souvent les habitats naturels.

L'homme étant à l'origine de ces problèmes, certains pensent qu'il peut aussi les résoudre. Ils citent par exemple la récente diminution de la pollution atmosphérique dans de nombreuses villes industrialisées. Mais ces lueurs d'espoir signifient-elles que l'humanité est en train de se rendre maître de la situation ?
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